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| politique : PARIS: L'AFFAIRE CLEARSTREAM |
| Écrit par verbe le 29/1/2010 16:00:00 |
  DE VILLEPIN
BLANC COMME
NEIGE
OMER SIMBILLE
 Correspondant Journal Québec Presse PARIS — vendredi 29 janvier 2010
Souriant à la sortie de l'audience, Dominique de Villepin est blanc comme neige. Mais la hache de geurre est-elle enterrée pour autant entre lui et le président Sarkozy?
Comme il n'y a pas de juste milieu entre les deux hommes forts de la politique française, ni de balance, symbole d'équilibre pour une heureuse réconciliation, le climat politique demeure une conspiration de facteurs opposées entre les deux hommes, un pur produit des moeurs politiques de l'Hexagone, où la tempérance et la modération ne prônent jamais dans l'égo brûlant des chefs en présence. Appelons cela, "un besoin intellectuel de détermination et de mesure" au gré des calculs du pouvoir.
Un peu comme au Québec, où sans être un peuple de violents, la violence verbale fait aussitôt rage sur la question nationale du Québec, dès que le débat s'ouvre.
Mais qui diable, avait intérêt à "créer" l'affaire Clearstream dont l'épisode incendiaire avait débuté en 2004, quand des listes de noms bancaires provenant de la chambre de compensation luxembourgeoise avaient été falsifiés et transmis à la justice pour faire croire que certaines personnalités, dont Nicolas Sarkozy, détenaient des comptes occultes. Pendant le procès, l'avocat du président avait prêté à M. de Villepin le rôle d'instigateur de cette machination.
"Il faudra comper avec moi en politique! "s'est exclamé d'un ait triomphant l'ancien premier ministre de France. Son rival, Nicolas Sarkozy, s'est contenté de dire: "Je suis satisfait du jugement." Dans la presse française, Villepin déclare vouloir "se tourner vers l'avenir"., d'après le titre à la une du Figaro.
RÉACTIONS : Dès l'annonce de sa relaxe dans l'affaire Clearstream, l'ancien premier ministre a fait savoir qu'il faudrait compter avec lui en politique. Nicolas Sarkozy se dit satisfait du jugement. "Je n'ai aucune rancoeur, aucune rancune. Je veux tourner la page». C'est un Dominique de Villepin triomphant sous ses airs modestes qui a commenté la décision des juges, jeudi au tribunal correctionnel de Paris après sa relaxe dans l'affaire Clearstream.
L'ancien premier ministre a expliqué que désormais, c'était «vers l'avenir [qu'il] voulait se tourner pour servir les Français et contribuer, dans un esprit de rassemblement, au redressement de la France». Une allusion claire à son intention de revenir en politique et d'incarner, peut-être, une alternative à droite pour 2012. » VIDÉO - «Une force de nuisance pour Sarkozy en 2012», l'analyse de Bruno Jeudy
«Après plusieurs années d'épreuve, mon innocence a été reconnue. Je pense en cet instant à ma famille, qui a connu jour après jour la rumeur et la suspicion. Je salue le courage du tribunal, qui a su faire triompher la justice et le droit sur la politique», a encore lancé Dominique de Villepin. Une phrase qui laisse penser que l'inimitié entre lui et les sarkozystes est loin d'être terminée.
Me Olivier Metzner, (photo) avocat de Dominique de Villepin, s'est réjoui «que la justice l'ait emporté, qu'on ait enfin reconnu l'innocence de Dominique de Villepin, innocence longtemps bafouée par la plus haute autorité de l'Etat».
Pour lui, «ce jugement a démonté toute hypothèse possible, il a tout envisagé et à l'issue de cette longue démonstration, le tribunal reconnaît qu'il n'existe aucun élément, quel qu'il soit, contre Dominique de Villepin». «Voilà un homme qui, malheureusement, a été précondamné pour être aujourd'hui innocenté», conclut l'avocat.
Sarkozy n'a «aucun ressentiment»Nicolas Sarkozy, auteur d'un fameux lapsus lors d'une interview en septembre dernier, en parlant de «coupables» dans le procès Clearstream, a indiqué dans un communiqué qu'il avait «pris acte» de la relaxe de Dominique de Villepin, tout en notant «la sévérité de certains attendus le concernant» dans le jugement. Le chef de l'Etat a annoncé qu'il «ne fera pas appel». Une phrase étrange, puisqu'en tant que partie civile du procès, il ne peut de toute façon faire appel que des «intérêts civils», donc des dommages et intérêts. Nicolas Sarkozy a obtenu un euro à ce titre.
Le chef de l'Etat a également justifié son choix d'aller en justice dans cette affaire : «Je m'étais constitué partie civile parce que je voulais que ces agissements soient portés à la connaissance des Français, qu'ils soient sanctionnés afin que nul n'ait la tentation de se livrer à l'avenir à de telles pratiques qui déshonorent la démocratie», écrit-il. Tout en ajoutant ne nourrir «aucun ressentiment» envers les condamnés du procès.
«Qu'il ne cherche pas à diviser»
Les premières réactions politiques montrent un fossé à droite entre sarkozystes et villepinistes. La députée UMP Chantal Brunel, (photo) fidèle du chef de l'Etat, «souhaite vivement» que «Dominique de Villepin, qui a une haute exigence et une haute conception de notre pays, ne cherche pas à diviser et que le débat s'arrête». Manière d'appeler à l'apaisement.
Au contraire, le parlementaire villepiniste Guy Geoffroy (UMP) estime que «l'essentiel est là. Il fallait que la justice passe, la justice est passée. Je suis très heureux pour Dominique de Villepin et je pense qu'avec cette décision, la majorité doit trouver des moyens nouveaux et supplémentaires pour parler de l'avenir». En clair : il faudra compter avec Villepin à droite.
Le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, n'a pas hésité à fustiger la décision de justice, expliquant que «ce ne sont que le ou les exécutants qui paient». Il espère que «le second procès» (celui de Jean-Louis Gergorin en appel, NDLR) «permettra de montrer qui a commandité cette manipulation et pourquoi».
Une déclaration qui pose question : Dominique de Villepin ne serait concerné par une nouvelle audience que dans le cas ou le Parquet ferait appel de sa relaxe. Il a dix jours pour se prononcer sur ce point, mais les avocats de Dominique de Villepin ont déjà expliqué qu'un appel démontrerait un «singulier acharnement» contre leur client.
Photo: Frédéric Lefebvre
A gauche, Arnaud Montebourg n'a pas hésité à affirmer que «le président de la République a, dans cette affaire, instrumentalisé la justice pour régler des comptes. Il vient d'être violemment démenti par un juge indépendant et son tribunal. C'est la preuve que Sarkozy a utilisé la justice pour éliminer un rival politique».
Selon lui, «le président n'a rien à faire dans les procès, il n'est pas une partie dans la justice, il est le garant de la justice». Quant à l'avenir de Dominique de Villepin, le député de Saône-et-Loire estime que «Dominique de Villepin était «très bien placé pour proposer une autre solution à droite» après «les persécutions que le pouvoir lui a fait subir».
Ségolène Royal se dit quant à elle «très contente pour lui, pour sa famille, a déclaré la présidente PS du Conseil régional de Poitou-Charentes. Je pense que c'est une leçon de comportement. Cette relaxe constitue un coup d'arrêt à l'escalade de l'agressivité de Nicolas Sarkozy. Son action n'est pas digne de celle d'un président de la République et elle se retrouve dans une impasse. Il a échoué dans son action de vengeance. Il faut qu'il en prenne acte au niveau de son comportement général.»
Enfin, le PS a réagi officiellement, par la voie de Marie-Pierre de la Gontrie, secrétaire nationale du PS à la Justice et libertés publiques. Pour le parti, «le pouvoir ne sort pas grandi de ce procès», qui a donné «le spectacle de règlement de comptes d'une violence exceptionnelle qui s'est déroulé sous les yeux des Français, entre un ancien Premier ministre et l'actuel président de la République». ----------------------- SUITE —REVUE DE PRESSE—
Villepin devra affronter un second procès
«Je n'ai aucune rancoeur, aucune rancune, je veux tourner la page», a déclaré Dominique de Villepin après l'annonce de sa relaxe. -----------------------
Sofia Bouderbala Agence France-Presse Paris |
Le parquet de Paris a décidé vendredi de faire appel du jugement de l'affaire Clearstream et de provoquer un deuxième procès de Dominique de Villepin, l'ancien premier ministre français innocenté la veille et engagé dans un duel politico-judiciaire avec le président Nicolas Sarkozy. «Le tribunal n'a pas tiré toutes les conséquences de ce qu'il a entendu et il reste encore une part de vérité à faire émerger. Tout n'a pas été dit dans cette affaire», a déclaré le procureur de Paris Jean-Claude Marin à la radio Europe 1. «De manière un peu surprenante, le jugement ne condamne pas Dominique de Villepin. (...) J'ai décidé d'interjeter appel de cette décision», a-t-il poursuivi, estimant qu'un nouveau procès pourrait se tenir «fin 2010 ou début 2011».
Peu après le jugement, une défaite personnelle pour Nicolas Sarkozy dont l'avocat siégeait au banc des victimes dans ce procès, le président français avait «pris acte» de la relaxe de son rival et signifié qu'il ne souhaitait pas d'appel.
C'est pourquoi la décision du procureur est apparue comme une surprise. En France, le parquet est sous l'autorité du ministre de la Justice.
Villepin accuse Sarkzoy M. de Villepin a affirmé vendredi que la décision du parquet de Paris avait été prise jeudi pendant une réunion à la présidence, accusant Nicolas Sarkozy de vouloir le «traîner dans la boue».
«Le procureur n'a pas l'autorité pour décider et prendre une telle décision. Il y a eu une réunion hier à l'Elysée où cette décision a été prise», a-t-il déclaré sur la chaîne Canal +, affirmant, pour étayer son propos, avoir eu «une information par des fonctionnaires de la présidence de la République».
«L'Elysée ne répond pas à des allégations mensongères», a répondu la présidence.
La veille, tout juste relaxé, Villepin avait adopté un ton solennel pour se poser en «alternative au sein de la majorité» dans la perspective de l'élection présidentielle de 2012.
Crédité par les sondages d'environ 8% dans un premier tour de présidentielle, il pourrait fragiliser le président sortant en éparpillant les voix à droite.
C'est cette menace que soulignait vendredi la presse française, insistant sur le «revers», le «camouflet» ou le «coup de semonce» adressé à un président à la popularité en berne et qui a vu s'accumuler ces derniers mois les polémiques.
Au plan strictement judiciaire, l'avocat de M. de Villepin, Olivier Metzner, s'est montré serein : «On voit mal comment l'argument remarquablement documenté du tribunal pourrait être infirmé en appel».
Son client a un an pour se préparer à affronter à nouveau les juges, avec ses quatre co-inculpés, dont l'ex-dirigeant d'EADS Jean-Louis Gergorin, considéré comme le «cerveau» de la machination et le mathématicien Imad Lahoud, tous deux condamnés jeudi.
L'affaire Clearstream avait débuté en 2004, quand des listings bancaires provenant de la chambre de compensation luxembourgeoise avaient été falsifiés et transmis à la justice pour faire croire que certaines personnalités, dont Nicolas Sarkozy, détenaient des comptes occultes.
Pendant le procès, l'avocat du président avait prêté à M. de Villepin le rôle d'instigateur de cette machination. Le parquet n'avait pas retenu cette thèse mais estimé que l'ancien premier ministre avait une part de responsabilité dans la manipulation. Il avait requis contre lui 18 mois de prison avec sursis et 45.000 euros d'amende.
Expliquant son jugement, le tribunal affirmait qu'il n'était pas démontré que Dominique de Villepin «ait eu connaissance de la fausseté des listes". |
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