C’est le quatrième prêtre enlevé dans cette zone en une dizaine d’années. Le dernier fut le père italien, Giancarlo Bossi, kidnappé en 2007 et relâché au bout d’un mois environ.

Revue de presse
MANILLE, PHILIPPINES —
Un missionnaire irlandais de 78 ans a été enlevé dimanche 11 octobre par un groupe armé d’islamistes présumés dans le sud des Philippines.
Le père Michael Sinnott a été capturé par des hommes armés qui ont pris d’assaut son domicile dans la soirée près de la ville de Pagadian (sud), selon le commissaire de police.
Les six hommes ont transporté Michael Sinnott jusqu’à une camionnette, retrouvée ensuite abandonnée et brûlée sur la côte.
Ils ont ensuite embarqué à bord d’un petit bateau et ont pris le large selon des témoins. Le prêtre a été vu vivant lundi 12 octobre, a indiqué l’armée, ainsi que ses ravisseurs, dans la province de Lanao del Sur, à environ 70 km de l’endroit où il a été enlevé.
Photo: le groupe
Abou Sayyaf lié à Al-Qaïda.
“C’est un homme bon. Nous ne savons pas pourquoi il a été kidnappé”, a déclaré une amie philippine du prêtre, qui a vu le groupe armé faire irruption chez lui, avant de l’entraîner de force devant ses compagnons terrorisés.
Le kidnapping n’a pas été revendiqué. Toutefois, les précédents enlèvements visant des religieux et des touristes étrangers ont été attribués au groupe Abou Sayyaf lié à Al-Qaïda.
L’armée a lancé au cours des derniers mois une offensive contre Abou Sayyaf à Jolo qui a conduit à la prise de contrôle d’un important campement rebelle, faisant de nombreuses victimes dans les deux camps.
------------------
Philippines
Enlèvement d'un prêtre irlandais : la police et l'armée mobilisées
Article publié le 12/10/2009 Dernière mise à jour le 12/10/2009 à 10:29 TU
Les autorités philippines ont lancé lundi une opération pour retrouver un prêtre irlandais de 78 ans, enlevé la veille par des islamistes présumés dans le sud du pays. Le père Michael Sinnott a été capturé dimanche par des hommes armés qui ont pris d'assaut son domicile dans la soirée près de la ville de Pagadian.
(Sébastien Farcis)
L’unité spéciale de police créée ce lundi soupçonne six différents groupes d’être responsables de l’enlèvement du père Sinnott.
Des groupes en général informels mais qui sont spécialisés dans les kidnappings d’étrangers dans cette partie ouest de Mindanao.
C’est en effet le quatrième prêtre à être enlevé dans cette zone en une dizaine d’années. Le dernier était père italien, Giancarlo Bossi, kidnappé en 2007 et relâché au bout d’un mois environ.
L’objectif est presque toujours d’obtenir une rançon en touchant ces missionnaires chrétiens, qui sont parmi les seuls et les plus vulnérables étrangers dans cette zone instable et à majorité musulmane.
Du reste, aux Philippines, nous sommes à quelques mois seulement des élections générales et locales. Et ces enlèvements contre rançon peuvent parfois servir à certains candidats pour financer leurs campagnes.
---------------------------------
Abu Sayyaf (en arabe أبو سياف), aussi connu sous le nom de Al-Harakat al-Islamiyya est un mouvement séparatiste musulman terroriste situé dans les îles du sud des Philippines, principalement Jolo, Basilan et Mindanao.
Le groupe est actuellement combattu par l'armée philippine qui bénéficie de l'aide de l'armée américaine. L'organisation est considérée par l'Organisation des Nations unies comme proche d'Al-Qaida et à ce titre sanctionné de la part du Conseil de sécurité des Nations unies[1].
On rapporte que Abu Sayyaf a récemment étendu son influence dans les pays voisins des Philippines comme la Malaisie et l'Indonésie.
Le groupe est responsable d'un grand nombre d'attentats à la bombe, d'assassinats, d'enlèvements et d'extorsions de fonds, afin de promouvoir l'indépendance d'un état islamique composé de l'ouest de Mindanao et de l'archipel des Sulu, une première étape dans la création d'un grand état islamique situé dans la péninsule malaise en Asie du Sud-Est.
Le nom Abu Sayyaf est arabe et signifie le père (abu) de l'épée (sayyaf).
Abu Sayyaf est l'un des plus petits mais aussi des plus radicaux et dangereux groupes islamiques indépendantistes de Mindanao. Certains des membres d'Abu Sayyaf ont étudié ou travaillé en Arabie saoudite et développé des liens avec d'autres moudjahiddins pendant leur entraînement en Afghanistan ou au Pakistan.
Les membres d'Abu Sayyaf sont à l'origine issus du Front Moro de Libération nationale (MNLF), dont ils se séparent en 1991 sous l'impulsion de Abdurajak Abubakar Janjalani.
Ramzi Yousef et Khalid Shaikh Mohammed, deux des radicaux impliqués dans l'Opération Bojinka arrivent aux Philippines au début des années 1990 et deviennent organisateurs de plongées sous-marine à Puerto Galera. On suppose qu'il s'agissait d'une couverture pour recruter des militants d'Abu Sayyaf et les former.
Ramzi Yousef fait exploser une bombe à bord du vol 434 de Philippine Airlines, tuant un passager japonais. Un homme appelle alors les autorités et déclare « Nous sommes le groupe Abu Sayyaf. Nous faisons exploser un avion en provenance de Cebu ». On pense que cette opération était un test pour l'Opération Bojinka découverte par la police de Manille le 6 janvier 1995.
La première opération d'envergure du groupe Abu Sayyaf est l'assaut d'une tête de pont dans la ville de Ipil sur l'île de Mindanao en avril 1995.
Le groupe est responsable du meurtre de plus de 30 étrangers (notamment des touristes) et de clercs chrétiens,
Abdurajik Janjalani est tué lors d'un affrontement avec les forces de police philippines le 18 décembre 1998. Son jeune frère, Khadaffy Abubakar Janjalani, lui succède à la tête de l'organisation. La mort du leader historique du groupe a induit un changement de politique du mouvement qui passe d'actions idéologiques et symboliques à des actions de kidnappings, de meurtres et de vols.
Le fief d'Abu Sayyaf est situé dans le sud des Philippines, mais ses membres voyagent occasionnellement pour des actions à Manille ou dans d'autres îles. Le groupe étend ses opérations à la Malaisie en 2000, avec l'enlèvement de touristes étrangers.
Un commandant, Abu Sabaya, est tué en 2002 en essayant d'échapper aux forces philippines. Galib Andang, dit le Commandant Robot, est capturé à Sulu en décembre 2003[6].
En septembre 2006, le leader Khadaffy Janjalani est tué par les forces philippines[7]. Sa mort est prouvée par des tests ADN.
En janvier 2007, un haut-commandant du groupe, Jainal Antel Sali jr, aussi connu sous le nom d'Abu Sulaiman, est abattu par les forces philippines au cours d'un violent échange de tirs [8].
En juin 2007, Yasser Igasan est désigné comme le nouveau chef du groupe terroriste. La nouvelle est confirmée plus d'un an après, le 3 octobre 2008.[9].
Le 20 juillet 2009, un porte-parole des forces armées philippines annonce que le gouvernement planifie une offensive majeure contre Abu Sayyaf en vue d'entraîner sa disparition d'ici fin 2010. De même, il affirme que cette opération doit viser à résoudre la question de la pauvreté au sud des Philippines, principal vivier du terrorisme [10]. Le 21 septembre 2009, l'armée philippine s'empare d'un des principaux repaires d'Abu Sayyaf sur l'île de Jolo. 24 islamistes et 8 soldats philippins sont tués au cours de l'affrontement[11].
Le 29 septembre 2009, une bombe improvisée explose au passage d'un véhicule de l'armée américaine à Indanan, tuant deux GI's et un soldat philippin. L'attaque, bien que non revendiquée, est imputée à Abu Sayyaf. L'attentat pousse les responsables de l'armée américaine à retirer leurs troupes de la province de Sulu[12].





















